Voyage intérieur - Retomber en enfance - Développement personnel

Voyage intérieur: Retomber en enfance pour pouvoir grandir

Voyager c’est aussi se permettre un voyage intérieur qui nous fait évoluer dans l’acceptation et l’amour de ce qu’on est. Retomber en enfance est certainement un des plus beaux voyages intérieurs que j’ai eu à faire. On va chercher bien loin ce qui a fait notre simplicité de vie et qui guide encore nos pas d’adulte.

Je regardais souvent les enfants jouer sans pour autant que ça me touche, sans jamais vraiment les envier. J’avais tout simplement pris l’habitude de les voir avec de la hauteur, juchée sur mon piédestal d’adulte avec ce que ça implique comme réflexions et jugements. “Oh mais c’est dangereux ce jeu”. “Attends un peu de voir combien la vie peut être dure”. “Ce n’est que l’insouciance de l’enfance…”. Et puis des fois je me laissais m’attendrir un peu en pensant, les yeux rivés vers le ciel, le sourire béat “ah, ce que je voudrais retrouver la joie et la simplicité de l’enfance…”.

Envie de retomber en enfance, oui mais non!

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Ce souhait ne pouvait être qu’à moitié vrai. Combien même on a des fois cette envie soudaine de nous délester de nos carcasses d’adultes, trop lourdes, trop imposantes, pour retomber dans notre insouciante enfance, il n’en reste qu’on bride systématiquement nos propres élans. Un mensonge personnel, voila ce que c’est. On exprime un voeux sans pour autant y croire vraiment “J’ai bien envie de retrouver l’enfance mais ce n’est hélas plus possible, je suis une adulte responsable voyons!” et avec la première objection exprimée on est rapidement transporté vers la suite “De toute manière ça se sert à rien. Un temps révolu. Une époque vécue et terminée. J’ai évolué!”.

Et pourtant l’enfance n’est pas du tout une époque mais bien une expérience intense de vie. Ce que nous vivons comme expériences émotionnelles dans notre enfance, combien même c’est plus réconfortant de le renier, conditionne énormément notre approche de la vie et notre regard d’adulte sur le monde.

Se laisser guider par son enfant intérieur

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C’est lorsque j’ai décidé de partir en tour du monde, de prendre le temps de vivre différemment et de sortir de ma zone de confort d’adulte pour retrouver la magie perdue de l’inconnu, que j’ai décidé de me servir de mes ressources d’enfant pour m’aider moi-même à m’affranchir de mes schémas de pensées établies. Je voulais me lancer corps et âme dans l’inconnu et la voix de l’enfant en moi m’avait alors subitement rappelé son existence. Elle m’avait murmuré “Tu veux jouer. Je sais jouer. Laisse moi devenir ton guide…juste pour un moment. C’est bien toi qui décide, ne t’en fais pas. Je suis là juste pour t’aider à faire des bêtises sans conséquences.”

L’enfant en moi avait décelé ma trouille profonde et a ingénieusement joué de douceur et de réassurance. C’est que retomber dans l’enfance implique un lâcher prise et une acceptation du moment présent, plutôt terrifiants pour ceux qui en ont perdu l’habitude.

On dit bien “retomber” en enfance. Ça devrait être plutôt “remonter” en enfance si c’était juste une question de temps linéaire. Remonter le temps jusqu’à cette époque d’enfance, n’est ce pas?  Mais non, il s’agit vraiment de “tomber”. Il s’agit de lâcher ses prises et ses peurs et de se laisser tirer par la pesanteur. Tomber dans l’inconnu et éventuellement atterrir sur un nuage de légèreté de l’être.

L’honnêteté pour s’affranchir de ses jugements

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Mais pour se laisser tomber, on a besoin d’abord de s’avouer ses peurs dans une démarche d’honnêteté pure envers soi-même. Quand j’ai décidé de faire se voyage jusqu’à mon enfance, j’avoue avoir eu la trouille. J’avais peur d’être mise à nu sans mes défenses bien aiguisées.  Depuis le jour où on m’avait sorti de la douce insouciance pour me mettre sur un banc d’école et m’intimer l’ordre de devenir responsable, j’avais érigé des forteresses de défense et de résistance difficiles à détruire volontairement.

Depuis le jour où on m’avait demandé d’arrêter de passer ma vie à jouer, rire, manger et pleurer comme une enfant, j’ai surtout commencé à juger l’enfance. L’enfance est devenue alors, petit à petit, cette période de ma vie où la vie se déroulait sans plans du lendemain, sans l’idée d’un future programmé. Une vie où on dépend entièrement des autres, sans pouvoir, affiché, sur notre propre destinée. Terrifiant pour un esprit d’adulte. Il a fallut d’abord se défaire des jugements de l’adulte en moi: “Retomber dans mon enfance” n’est absolument pas régresser! C’est surtout me rappeler ce sentiment d’insouciance, de fraicheur, de liberté, de joie du jeu, du Je, que connait si bien l’enfant en moi.

Mais alors comment s’y prendre? Comment s’affranchir de jugements minutieusement construits une vie durant?

Observer les enfants pour apprendre

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J’ai tout simplement décidé que je ne pouvais le faire seule, ma mémoire étant bien altérée avec le tas de concepts, de ressentis et de jugements d’une vie. J’ai demandé l’aide de mon enfant intérieur. Je me suis totalement remise à elle dans la démarche à adopter et elle a suggéré l’observation.

Observer les enfants autour de moi pour me rappeler mes propres réflexes d’enfant. Les jeux d’enfants, libres et insouciants, car la conséquence n’existe pas vraiment. Ce qui existe est ce qui est présent. Observer comment les enfants communiquent. Une colère sans compromis; on crie, on se roule par terre, on explose. Et quand c’est fini, c’est réellement fini. Une joie sincère sans simuler. L’enfant ne voit vraiment pas pourquoi il ferait semblant d’être heureux pour faire plaisir.

Et cette curiosité de tout. l’absence de culpabilité. Cette nonchalance. “La grosse bêtise? Non ce n’est pas moi…ok c’est moi…mais c’est pas grave, hein?”. Et ce pouvoir de manipulation. Quand l’enfant veut, il n’a aucun scrupule à aller chercher, par tous les moyens dont il dispose, ce qu’il désire. Se culpabiliser? Il connait pas vraiment. Il s’autorise tout et l’adule en moi qui observait avait une pince de jalousie. Moi aussi, je voudrais bien re-commencer à tout m’autoriser!

S’autoriser à exprimer librement ses émotions

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Pendant les premières semaines de mon voyage, quand ma famille me manquait, quand je me sentais seule et loin de tous les êtres chers à mon coeur, j’essayais de me divertir. J’allais inventer des stratagèmes complexes pour créer une distraction efficace de mon mal d’être.

Et puis un jour, à force d’écouter la voix de mon enfant intérieur et d’observer les enfants autour de moi, je me suis enfin autorisée à pleurer sincèrement. Je l’ai bien fait en cachette au début. L’adulte ne voulait rien négocier sur ce point. Laisser transparaître une vulnérabilité n’était pas du tout envisageable.

La curiosité a du donc intervenir. Et si tout le monde s’en foutait en réalité que je pleure? Et le jeu pris alors les rennes. Je me suis laissée à pleurer dans les lieux publics. Quoi? Personne ne me regarde? Et si je me laissais prendre par l’émotion au moment même ou elle se présente indépendamment du lieu et de la compagnie. Ça a du m’arriver une ou deux fois, pour des raisons diverses. J’ai pleuré, on m’a posé la question, j’ai pas répondu, on a compatit et on est passé à autre chose. En réalité tout le monde s’en foutait quelque part…et moi, au fond, je m’en foutais pas mal finalement des jugements des autres.

Une première victoire qui a ouvert la porte sur de nouvelles expériences. M’autoriser ensuite à faire ce qui m’appelle dans l’instant présent.

S’autoriser à vivre dans la simplicité du présent

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J’ai commencé par manger des glaces tout au long de la journée sans me poser de questions et sans culpabilité aucune. Ça m’avait fait un bien fou de commencer une journée par une bonne glace ou, mieux encore, un sorbet à la mangue!

Et les sorbets à la mangue on ouvert bien des portes. J’ai quelque part passé mes trois premiers mois de voyage dans une sorte d’observation-expérimentation. Trois mois de petites tentatives et de pas minuscules dans le monde des enfants. Des tentatives consistant pour la plus part à manger des “cochonneries” toute la journée et à m’en délecter sans jugements.  Passer des heures en train d’observer des fourmis dans leur va et viens. Suivre de parfaits inconnus dans des aventures folles juste parce qu’ils avaient l’air drôles. Vivre simplement!

Une cure de jouvence qui petit à petit m’ouvrait les portes d’une liberté jusque là oubliée.

Un stage d’immersion en enfance!

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Et puis arriva mon premier vrai stage en enfance, dans ce grand parc de jeux pour enfants adultes que sont les îles Galapagos. J’avais le choix entre la curiosité scientifique, la performance de la meilleure photo ou l’émerveillement simple et la joie pure du jeu. L’enfant en moi m’a rappelé alors que je pouvais tout m’autoriser.

Suivre des bébés phoques sur la plage en imitant leur démarche et leurs cris et puis courir parce que la mère attaque. Garder les yeux rivés vers le ciel en attendant le moment où le pélican se décide à plonger pour attraper sa proie. Applaudir l’exploit avec des hourras et des rires aux larmes (non, désolée aucune pensée de compassion pour le poisson). Suivre des lions de mer dans leur balade à la nage, fatiguée et transie par le froid, juste pour ce moment où l’un d’entre eux se détachera du groupe pour venir faire un lolilop devant mon masque de snorkling…

Je me suis surtout autorisée à être “the silly girl” qui pouvait offusquer mais aussi faire rire. L’environnement aidant, les jugements des autres voyageurs sur le bateau de croisière n’a duré que quelques heures. Mon entêtement à vouloir attendre longtemps le moment parfait pour le selfie avec la tortue a commencé par énerver avant qu’on s’y mettent tous dans la bonne humeur.

Les jeux d’enfants sont encore meilleurs lorsqu’on est plusieurs à y prendre plaisir.

La liberté de grandir

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Retomber en enfance m’a permit au final une libération profonde de mes jugements d’adulte. Une nouvelle joie retrouvée dans les choses simples de la vie et une manière plus sincère pour exprimer mes émotions. Quand le masque de l’ ”adulte responsable” (entre guillemets car à y regarder de plus prêt, on est très loin d’être responsables…la vie entière est un ensemble d’événement qui “nous arrivent”, n’est ce pas? Mais ça c’est une autre histoire) tombe, quelque chose d’exquis se dévoile enfin, le moment présent vécu dans l’amour de la vie elle même.

Depuis que je suis retombée en enfance, l’enfant en moi se sent plus épanouie, plus libre de s’exprimer. Elle est heureuse et n’a plus aucune raison de me faire souffrir avec des appels constants à compassion. Je peux enfin la prendre dans mes bras d’adulte et prendre par la même occasion les rennes de ma vie.

Depuis que je suis retombée en enfance…j’ai enfin pu commencer à grandir!

Globetrotteuse et blogueuse marocaine. Je partage sur cet espace mon expérience personnelle du voyage, sa préparation, ses innombrables plaisirs, ses couacs et surtout comment il me permet d'apprendre, d'échanger et d’évoluer.

2 Comments

  • J’adore ! J’aime ton analyse, et la joie de vivre qui en ressort est contagieuse 😉

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