Un voyage en solo rythmé de rencontres

La peur de voyager seul est un obstacle qui réduit les rêves de voyage de beaucoup d’entre nous au néant, et pourtant c’est en partant seul qu’on a le plus de chances de croiser des compagnons de route.

Partir seul c’est un peu la grande aventure sur le plan relationnel. On choisi nos compagnons de voyage, en voyageant, dans des situations plus propices à l’échange et à la découverte de soi-même et de l’autre.

Tous les voyageurs vous le diront; Ce qu’il y a de meilleur dans le voyage reste les rencontres, et lorsqu’on voyage seul on est justement plus enclin à rencontrer de nouvelles personnes, à faire confiance et à se laisser guider naturellement par nos pas et les cadeaux que nous envoie l’univers à travers les autres.

Alors que je débarquais au Nicaragua après une semaine d’escale à Miami passée avec un ami, j’entamais mon voyage d’une année en Amérique Latine avec beaucoup de doutes. Je n’avais aucun plan si ce n’est continuer à me diriger vers le sud jusqu’à Ushuaia et très peu de contacts sur le chemin.

J’arrive dans la capitale Managua, vile laide et sans aucun cachet, avec le trac des premiers pas. Je négocie un taxi en divisant le prix demandé par deux. C’était commencer une longue épopée de négociations qui m’avait souvent amenée à avoir les discussions les plus joviales avec les locaux mais aussi une manière de me donner un peu plus d’assurance. On ne nait pas marocain pour rien!

A l’arrêt des bus en partance pour Léon, ville emblématique de la culture et surtout de la révolution des Sandinista en 1979, je découvre une file d’attente parfaite. Le Nicaragua est le pays le plus pauvre de l’Amérique Centrale et de l’hémisphère nord en général. Première surprise donc; Ils ont un civisme rare dans des contrées plus développées. Le communisme n’avait pas que des torts finalement.

Fiona m’aborde en premier “do you speak english?”. Je l’avais remarqué dès que j’avais posé pieds dans la station. Blonde, mince, sa physionomie dénotait clairement avec celle des Nicas (Nom local que se donnent les nicaraguayens, pour les costaricains c’est les Ticos :))  J’avais mon gros sac sur le dos et celui d’appui devant, une tortue géante avec marqué sur le front “touriste”. Et il n’y avait que nous deux de touristes. Le Nicaragua ne reçoit que quelques 2 millions de visiteurs par an, à cause d’une réputation infondée de pays dangereux et surtout du fait qu’il n’y avait aucune communication du pays sur le tourisme. L’endroit idéal donc, sur le papier, pour voyager seul.

Fiona, devant prendre la dernière place dans un mini-van, avait décidé de céder sa place à une autre personne pour m’attendre. On a donc fait le trajet ensembles jusqu’à Léon et fini par se croiser plusieurs fois dans le pays avant de voyager, officiellement, ensembles à l’île volcanique d’Ométépe, plus grande île sur le Lac Nicaragua.

Pendant les 3 semaines qu’avait duré mon séjour au Nicaragua je n’ai finalement été seule que pendant 2 jours. Un fait qui s’est confirmé pendant le restant de mon voyage. Je ne voyageais seule que lorsque je le désirais tant qu’il me fallait faire de gros efforts pour paraitre timide, solitaire, carrément asociale, ou prendre des chemins réputés tellement dangereux que les voyageurs les évitaient à tout prix.

Cette irlandaise, professeur de phonétique, m’avait montré par ce premier geste de laisser partir un bus pour pouvoir voyager avec moi, comment je serais moi-même amenée, par la suite, à faire des choix drastiques, dans le seul but de partager une partie du chemin avec des voyageurs rencontrés fortuitement dans un bus, une auberge ou au détour d’une rue à 3 heure du matin.

Et ces choix, je n’ai jamais eu à les regretter. Même les rencontres les plus superficielles à première vue s’étaient révélées importantes dans mon cheminement personnel. On apprend beaucoup de l’image qu’on renvoie, mais aussi de notre capacité à nous adapter à des styles et des personnalités différentes. On apprend énormément sur soi dans ces petits bouts de chemins partagés avec des inconnus.

Au final lorsqu’on voyage seul on ne l’est jamais vraiment. Au contraire, on ouvre la porte à des rencontres incroyables qui viendront rythmer notre chemin sans cesse. 


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miriam

Globetrotteuse et blogueuse marocaine. Je partage sur cet espace mon expérience personnelle du voyage, sa préparation, ses innombrables plaisirs, ses couacs et surtout comment il me permet d'apprendre, d'échanger et d’évoluer.

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