Un mois de voyage

Un mois de voyage déjà! !

Partie le 28 Juin du Maroc ça fait donc un mois.

Le temps passerait-il vite? Je ne saurais dire. Le temps m’a faussé compagnie dès le premier jour. Un jet lag peut être mais qui dure depuis, pour mon plus grand bonheur.

Les jours n’existent plus, les heures non plus. Je n’arrive toujours pas à situer quel jour je suis, si ce n’est le lundi car c’est le jour de prise de l’anti-paludisme. Ma seule routine rythmée par un calendrier et une alarme.

Les heures filent et n’ont de signification que pour les horaires de bus. Manger ou dormir se régulent désormais avec mes envies seules.

Un mois alors, je ne sais pas trop quoi en penser. Les grands discours à la on découvre deja un autre soi et on a des souvenirs mémorables à la mesure d’une vie auraient été ceux que j’aurais choisi avant mon départ.  C’est bien possible mais je ne m’en rends pas compte. Pour être franche avec vous, la seule chose qui m’aurait marquée pendant ce mois c’est que je vis, au jour le jour, en savourant chaque instant et en l’oubliant sur le champs pour savourer le suivant.

Mes souvenirs de ce mois sont déjà confus. Heureusement que j’essaye d’écrire assez régulièrement mes impressions, ici ou dans mon journal personnel. Peut être que j’y reviendrais un jour pour les souvenirs, mais pour le moment il me suffit de vivre.

Et cette vie se révèle être la plus simple et la plus gratifiante que je n’ai jamais eue. N’avoir ni attaches ni plans, ne pas se soucier du lendemain si ce n’est le jour d’un déplacement où le plus grand souci est d’être présent au départ du bus, mais déjà avec l’insouciance que procure le fait de savoir qu’on s’en fout au fond; au pire il y a le bus suivant.

Les rencontres et les  aux – revoirs font aussi partie du voyage, les accepter avec gratitude et continuer son chemin, encore seule, mais pas pour longtemps, est un sentiment que je chérie particulièrement.  Pas d’attaches, à la fois seule et accompagnée, m’écouter et écouter les autres en même temps où à des intervalles espacés, être unique et me fondre dans la foule, et peut être bien un jour arriver à devenir une passoire entre mon intérieur et mon extérieur, exister pour les deux et à travers les deux en même temps.

Un mois de voyage, c’est un passage du statut de touriste vacancier à  celui de voyageur. Il n’y a aucun mérite particulier, l’expérience est unique à chacun, mais ça vient avec des petites routines qui s’ installent à votre insu et qui font qu’on s’ installe dans un mouvement dans la durée.

De ces routines, je retiens celle de faire et de defaire mon sac à dos. Ma meilleure amie m’avait dit avant mon départ “il faut que tu change Houda, si tu continue à être bordélique de la sorte, tu perdras chaque jour une de tes affaires pendant le voyage”. Je n’ai toujourd rien perdu. Je ne pense pas avoir changé mais c’est la routine qui a fait son chemin. Mon amie ne le sait pas mais je pense à elle à chaque fois que je fais mon sac à dos pour un nouveau départ.  Je pense à elle en m’observant avec amusement  mettre chaque chose à sa place, toujours la même et à me rendre compte vite fait quand un gadget ou un vêtement manque à l’appel. Je rigole souvent de ça et j’ai envie de dire à mon amie d’y aller doucement avec l’énergie de la perfection qu’elle m’envoie 🙂

Des routines il y a aussi celle de lire dans les bus. Avant je dormais pendant les longs trajets. J’avais toujours tellement hâte d’arriver que mon seul échappatoire était le sommeil. Aujourd’hui, time is on my side et “arriver” peut se faire quand bon lui semble. Je ne dors presque plus dans les transports, sauf en cas de grosse fatigue ou de bus de nuit. Je lis, des fois j’écris et quand je ne peux faire ni l’un ni l’autre pour raison de route calamiteuse, je discute avec les arbres à travers ma fenêtre. Une belle routine, croyez moi 🙂

Un mois donc de voyage c’est du présent, peu de souvenirs, des rencontres et des aux – revoirs, des petites routines et surtout une moi qui ne pense plus au changement, qui essaye juste de vivre et d’apprécier  chaque jour qui passe, même ceux passés à ne rien faire… surtout ceux passés à ne rien faire!

Un mois de voyage c’est moi qui commence à m’accepter, à accepter que je m’aime juste comme ça et que je suis la perfection incarnée pour cette vie que j’ai moi même choisi *.

A part ça Latin America rocks et j’ai encore rien vu 😉

*: je voulais mettre ce smiley

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