Six mois sur la route, le bilan…

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En cette fin d’année 2014 ça fera exactement 6 mois que je suis sur la route. A mi – chemin déjà entre le départ et le retour. Finalement 6 mois c’est vite passé mais c’est aussi une éternité. J’ai l’impression que je fais ça, voyager, depuis toujours,  et ce jour très lointain où excitée et craintive, j’étais sortie de l’aéroport de Managua me paraît aussi lointain que mon enfance.

Voici un peu ces 6 mois de voyage en 6 moments forts et 6 choses importantes que j’ai appris du et sur le voyage.

Je promets qu’à un an je ne vous ferais pas subir la même chose en 12 🙂

Les moments forts:

Le départ:

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Un sentiment de tristesse et de joie mélangées qui est resté unique, lié à ces premières heures, seule, dans l’avion, sachant qu’il se passera longtemps avant que je puisse retrouver les miens et que je devrais arpenter désormais seule le chemin de mon aventure, mon apprentissage d’une vie nomade et surtout celui de ma découverte de moi même.

L’arrivée à Managua et les premiers pas au Nicaragua:

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Quand j’y pense aujourd’hui ça me fait beaucoup rire. Mais avant d’arriver à  Managua j’ai été stressée comme je ne l’ai peut être jamais été de ma vie.  J’avais cherché sur internet l’emplacement exact de la station de bus, ce que je devrais demander au taxi qui m’y conduira et combien de temps prendrait le trajet…c’était probablement l’unique fois où je fais autant de recherches.

Quelque part c’était un peu le trac et la préparation nécessaires pour les 2 premières minutes de prise de parole devant un public. Depuis ces premières minutes, le voyage se fait tout seul,  sans grands efforts et sans préparation.

Le Nicaragua reste ceci dit ma première expérience de backpacker et prend pour moi l’importance des premiers pas d’un bébé.

L’arrivée à Cartagene en Colombie et le début du voyage en Amérique du sud:

L’Amérique du sud m’avait fait tellement rêver. Ajouter à ça le fait que j’avais le mal de mer et que j’étais clouée à mon lit les 2 jours qu’avait duré la traversée du voilier en haute mer entre  le Panama et la Colombie et voici que les lumières et la music du port de Cartagene à minuit restent un souvenir puissant.

Crier de joie et dancer avec Jenaro, le matelot,  et David, le capitaine, sur le pont du Gitano Del Mar,  alors que les autres dormaient déjà, était si beau…

L’ayahuasca: wpid-dsc03227.jpg

J’en avais déjà parlé en long et en large. C’était l’expérience la plus intense que j’aie jamais eu et elle continue à l’être. Deux mois après, l’ayahuasca est toujours là.

Il m’arrive certes d’avoir encore des visions mais l’important réside dans le fait que je suis plus consciente du travail à faire sur moi-même et ça se fait tout naturellement, dans la légèreté et la sérénité.

La première fois que j’ai posé pieds sur l’Antarctique

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Réaliser le rêve de l’Antarctique était un grand moment, vous l’imaginez bien. Aujourd’hui encore je n’arrive toujours pas à croire que j’y été.

Et cela va sans dire que j’ai absolument envie de refaire l’expérience.

Chaque rencontre et chaque au-revoir:

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De la toute première rencontre à Managua avec Fiona dans une station de bus, jusqu’au dernier au-revoir, à Iguazú avec Federica, les rencontres ont été mon lot quotidien et un lot chargé de plaisir et d’apprentissage.

Je reste reconnaissante à tous ceux que j’ai croisé sur la route et profondément touchée par leurs propres expériences qu’ils ont bien voulu partager avec moi.

Ce que j’ai appris du “voyage” en ces 6 mois

D’abord que chaque personne voyage à sa manière et qu’il n’y a absolument pas une façon de voyager ou un voyage meilleur qu’un autre.

Le voyage reste une des expériences les plus personnelles à mon avis, on explore et on s’ explore et chacun créée son chemin et la manière d’y évoluer.

Ce qui me mène à remplacer “voyage” par “mon voyage” dans la phrase du titre et si je parle de mon voyage ici ça n’a qu’une valeur à titre d’exemple, ça peut aussi bien  faire rêver qu’ennuyer… 🙂

Voyager pour moi est donc avant tout:

1. Se laisser emporter par le courant: Je ne programme presque rien depuis bien longtemps. Je vis le jour-ji et au meilleur des cas le lendemain. Même l’Antarctique qui était planifié pour ce voyage n’a été réellement programmé qu’en dernière minute. Une semaine seulement avant le départ du bateau je n’avais aucune idée que j’allais y être.

Le résultat? Des rencontres et de jolies surprises et surtout l’impression de chevaucher le courant de la vie en ne faisant plus qu’un avec lui.

2. Ecouter et voir avec le coeur, les autres mais aussi et surtout soi-même: c’est surtout laisser tomber ses préjugés sur les autres et sur soi-même et être attentif à la découverte.

On a tendance à mettre les peuples dans des cases  et à y mettre des étiquettes et avec ça on passe à côté de beaucoup de choses. Comme pour soi même d’ailleurs. Se dire qu’on ne fera pas telle ou telle autre chose car on se connaît incapable de le faire alors qu’on en a vraiment envie, c’est se dénigrer de la pire des manières.

Le voyage m’a appris à suivre le chemin de la “non-raison”, celui où ma tête se met à fonctionner en mode survie (respirer, manger et dormir) pour laisser mon coeur me dicter les folies à venir.

3. Trouver son rythme: ça ne sert absolument rien à courir ni à rester une éternité dans un lieu. Ça sert à tout de savoir quand courir et quand rester une éternité dans un lieu.

J’ai appris à écouter mes envies profondes et j’ai surpris plusieurs par mes choix de trajets et mon rythme. J’étais la seule à ne pas être surprise car finalement mon rythme c’est ce qui me convient sans pour autant être “ce qu’il faut faire”.

4. Être constamment prêt pour le changement: Un bus raté? Une personne rencontrée? des angines ou tout simplement l’envie de rester au lit? Tout ceci peut facilement changer le chemin qu’on avait choisi pour la journée.

“Pourquoi pas?” est devenue ma réponse à tout ça, car de toute manière mon chemin, celui de la vie, je le connais très bien, et si j’empreinte un petit détour, c’est probablement parce que je vais m’amuser un bon coup.

5. Tout vivre et non tout voir: vivre l’expérience qu’on a choisi dans un pays ou un lieu entièrement, intensément, sans nécessairement “gober” le pays en entier.

C’est ainsi que je conçois le voyage. Cela rejoint également la question du rythme. Si mon rythme “d’absorption” est long c’est que je dois prendre mon temps et me concentrer sur l’essentiel..ce qui me fait, à moi, le plus plaisir et non ce qui fera plaisir aux offices de tourisme.

6. Savoir partir: Il y a eu des endroits et des personnes que j’ai eu beaucoup de mal à quitter. J’ai même pleuré lors de certains départs, mais je me devais de toujours continuer à bouger et le voyage me le rendait bien:  plus on se détache, plus en reçoit.

Et à chaque nouveau départ c’est une nouvelle aventure qui s’ offre à moi…et  surtout une nouvelle petite partie de moi-même qui se libère. Et ce n’est pas encore fini… :

Et vous? Quelle est donc votre vision du voyage? Des expériences à partager ici?

Globetrotteuse et blogueuse marocaine. Je partage sur cet espace mon expérience personnelle du voyage, sa préparation, ses innombrables plaisirs, ses couacs et surtout comment il me permet d'apprendre, d'échanger et d’évoluer.

2 Comments

  • Salut Houdac, j’aime ce genre d’article sur le voyage.
    Ca me fait bizarre de lire ce que j’ai moi aussi vécu dans mes différents trips et de les voir écrit par quelqu’un d’autre.
    Notamment quand tu décris ce sentiment qu’on a au départ. Mélange de tristesse et d’excitation/joie.
    J’attribut ce sentiment comme la chose que l’ont doit faire, comme si l’on était sur le chemin qu’il nous faut prendre, car quelque chose nous y attend au bout. Mon discours peut paraître pour un truc de hippies, mais c’est au fond ça qu’on recherche dans le voyage.
    Tout comme le fait de s’explorer comme tu dis “on explore et on s’ explore et chacun créée son chemin et la manière d’y évoluer.”
    Est-ce que t’as réfléchi à ce que tu peux y trouver dans ce voyage ?

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    • Salut Jordan, tu as bien raison sur le moment de départ, cette excitation/joie c’est les prémisses du chemin.
      Concernant ce que je voulais du voyage j’ai essayé d’y réfléchir avant de partir, je dois cependant me livrer à l’exercice de mise à jour mais ça reste en globalité inchangé. J’en avais parlé ici http://moroccannomad.com/pourquoi-je-veux-faire-un-tour-du-monde/

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