Mes premiers pas au Nicaragua, Léon

image

Il est 10h du matin. Une chaleur étouffante et une rue déserte. Je viens de quitter mon hostel à Léon en partance pour la Laguna de Apoyo.
Je marche quelques centaines de mètres et pas un seul taxi à l’horizon. Le bus en ville reste quelque chose de très théorique, il passera quand bon lui semble et ça relève de l’aventure de survie d’y faire un trajet avec un tel lest que celui que je porte sur le dos.

Entre mes deux sacs, les bras pandouillants, le souffle court, je laisse mes prières transparaître à travers mes yeux, please l’univers envoie un taxi, stp!

Un taxi passe, je lui fais signe, il s’arrete en bloquant derrière lui dans la rue étroite une autre voiture et un bus, aucun klaxon, on est pas pressé par ici. Je lui demande le prix et me prépare déjà à payer ce qu’il demande, tout ce qu’il demande.
“Veinte” *! “VEINTE?” demandais-je crédule. J’avais envie de lui crier de regarder comme je suis désespérée, comme je sue, comme je peux tout donner pour un taxi et lui qui ne demande que “VEINTE”. J’avais envie de lui dire tout ça et encore plus, mais les mots, en espagnol, me manquaient.

Nicaragua c’est un peu ça, le touriste est traité comme un local et c’est toujours surprenant. Les Nicas vivent leur temps et leur terre et acceptent l’autre sans excès. Ils te rendent tes sourires et tes hola avec sympathie et désintérêt à la fois. Ça me surprend car en comparaison avec le Maroc, un peu mieux loti côté économie, ces gens ont une dignité surprenante qui fini par susciter l’admiration et le respect profond.

Quand je suis arrivée à Managua ce 4 Juillet je ne savais pas ce qui m’attendait. J’avais choisi le Nicaragua comme pays de départ pour mon voyage sur un coup de tête, sans trop planifier mon trajet et sans aucune attente si ce n’est l’envie de perdre mes repères.

J’avais lu pas mal de choses sur le pays, son histoire, les somozas, les sandinistas, les contras,  les USA dans tout ça et me disais qu’il y aurait peut être  une haine cachée envers les occidentaux en particuliers et les étrangers en général. Si elle existe, alors on ne la voit et ne la ressent nullement.

Mon chauffeur de taxi de l’aéroport à la station UCA où je devais prendre un bus pour Leon, et malgré le fait que j’ai honteusement divisé le prix demandé par 2 (aucune négociation: 20$, no 10, ok) était ce qu’il y a de plus gentil et discret à la fois. Si je n’avais pas amorcé la discussion il ne l’aurait pas fais. Il ne me dépose pas en face de la gare comme stipulé par les forums de voyage, mais fait le tour et me dépose devant mon bus. M’aide avec mon gros sac et me souhaite bonne chance. Touchée!

La suite était dans la simplicité toujours. Une longue file d’attente scrupuleusement respectée pour les mini – bus qui arrivent les uns après les autres. Une première rencontre avec Fiona, une adorable irlandaise dans le bus et une autre avec un Raul un espagnol tout ce qu’il y a de plus amusant dans l’auberge. On fini par passer des journées à se balader et des soirées à faire la fête ensemble.  Chacun ses histoires,  chacun ses attentes du voyage et sa manière de voyager, mais un point commun qui fait toute la différence, l’âge, on est tous les trois dans la trentaine et ça nous rapproche, au vu de la majorité très jeune des voyageurs.

On s’amuse à décortiquer chacun les points de ressemblance de nos cultures avec le Nicaragua,  pour moi, et les différences pour eux. Il est clair que venant du Maroc je subis moins le choc culturel. Ils ont bien rigolé devant une pancarte d’annonce immobilière disant que le bien est vendu par le propriétaire, alors que pour moi c’était tout naturel. J’ai du traduire 🙂

Léon est une ville charmante et assez moderne au vu des standards du pays. Sa Cathedral et ses églises sont belles sans être criardes, ses rues propres et les gens occupés à leurs affaires le jours, se laissent aller à la fête le soir, les vielles dames devant leurs pavés de maison, les jeunes dans les bars et restaurants de la ville.

Dans un bars nous avions justement eu une longue discussion avec un jeune de 24 ans, qui voulait absolument nos contacts Facebook avant tout et qui s’est proposé de faire le guide nocturne. Sa proposition était assez marrante :”il y a un coin superbe, mais j’y suis jamais allé, je vous le recommande”. Et à la question de ce qu’il veut faire plus tard il répondait qu’il travaillait déjà dans la comptabilité et que ça lui suffisait. Il voulait cependant se marier à 26 ans et de préférence avec une chinoise. En demandant notre âge à Fiona et moi, et en sachant qu’on était célibataires il est resté pantois, presque triste pour nous…

Les longues soirées à Leon se terminent avec des hotdogs et des hamburgers géants dans des stands occupants presque toutes les rues animées. Il fallait donc faire comme les Nicas au Nicaragua et avaler un met géant à 3 heures du matin.

Dans les environs de Leon, il y a deux activités attrayantes à faire; le volcano Boarding à cerro negro, que je voulais faire mais que j’ai abandonné pour cause de grosse chaleur, et la plage à Las Penitas. 

C’était plage alors avec Raul, un samedi, jour de plage également pour les habitants de Léon. 

Ce fut ma première expérience en chicken bus et non des moindres. Debouts pendant plus de 30 mins de trajet, nous avions admiré les paysages en jouant les acrobates. Un moment délicieux. 

La plage, et donc ma première fois devant l’océan pacifique, était une bonne occasion de se laisser aller à une baignade rapide pendant laquelle une vague allait remporter mes flip flop,  mais sans compter sur les enfants et leurs mamans qui ont couru partout pour les rattraper. Un gros poisson au déjeuner et un hamac à l’ombre pour une lecture suivie d’une longue sieste.

Reposés, rentrés, douchés,  repus, il était temps de parler de la suite. Finalement pas de Corn Island cette semaine,  la météo ne présage rien de bon.

La suite est la séparation, du moins pour le moment pour que chacun prenne sa propre route. Fiona était repartie pour ses cours d’espagnol à Granada la vielle, Raul prend la route du nord pour voir les plantations de café, et moi celle du sud pour la Lagune d’apoyo. 

Léon, le premier contact avec cette accueillante terre et les premières rencontres, donnent à ce début de voyage un charme particulier qui me fait languir pour la suite…mais alors ça sera un pas à la fois, une rencontre à la fois et une envie de vivre chaque instant entièrement, avec le bonheur et la délectation qu’il mérite.

* 20 cordobas = 0,77 $

image

More from Houda Chaloun

Hitchhiking Morocco for female travelers : 10 tips for a successful trip

This summer I decided to get into a whole new travel experience....
Read More

5 Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *