Les San Blas des Kunas

J’ai longtemps rêvé de la traversée Panama Colombie en voilier. Ces traversées se font d’abord en parcourant les îles San Blas, domaine préservé et indépendant du peuple Kuna, un des rares  peuples indigènes qui jouit d’une autorité totale sur ses terres. Ils exercent leurs propres lois sur leurs territoires et sont représentés par leur conseil au sein du parlement du Panama.

Les traversées offertes aux touristes sont de deux genres; les bateaux rapides (speedboats) qui offrent la possibilité de dormir sur les îles ou les voiliers avec seulement visite des îles et nuitées sur le bateau. J’ai choisi la 2eme option  pour l’expérience voilier en redoutant un peu de ne pas pouvoir être en contact avec les Kuna, mais c’était sans compter sur la curiosité et l’intérêt que porte David, le capitaine français de notre voilier, pour ce peuple qu’il côtoie depuis plus de 2 ans qu’il fait les traversées.

On a passé deux soirées sur les îles. Pendant la première, Louise la doyenne de la famille de l’île m’avait fait visiter sa maison et présenté ses enfants sur simple demande candide.  Une hute avec comme seul mobilier des hamacs et un frigo, car sa petite île servait aussi de bar local. Un petit générateur pour l’électricité et des petits puits d’eau douce apparants à la surface pour toute infrastructure sur l’île.
Quand David a demandé si on pouvait faire visiter la maison à la Chica, c’est naturellement la doyenne qui s’ en est chargé. L’île lui appartient. Ce sont bien les femmes ici qui possèdent les terres. Les hommes, eux, ont leurs barques et la mer.
la deuxième soirée nous sommes partis  chez Anayel, un Kuna de 40 ans qui en paraissait beaucoup moins et qui était fier d’être marié à “sa seniora” qui lui avait fait un adorable enfant de 2 ans. Anayel nous a parlé David et moi longtemps des traditions et coutumes Kuna.
Les Kunas vivent principalement de ce qu’ils pêchent et des revenus des Tomas (habits traditionnels des femmes kunas) et des bracelets qu’ils vendent aux touristes, aussi bien sur les îles qu’au Panama.

La vie des Kunas est gérée par leur conseil des 3 sages. Grossierement, imaginez trois vieux hommes, allongés sur leurs hamacs, chantant dans une langue que même la majorité des Kunas ne connaît pas, c’est la langue des anciens. Des interprètes ou avocats comme ils les appellent eux mêmes, sont la pour exposer le problème à régler aux sages et traduire leur parole au peuple, le tout avec des rituels ancestraux de dances et de chants.

Anayel nous a fait éclater de rire en mimant la cérémonie où un homme Kuna enfin oserait demanderait l’autorisation de se marier avec une non Kuna…

A sa connaissance ça ne s’ est jamais produit avant. un homme Kuna a le devoir d’assurer une terre pour ses filles, lesquelles n’en auront aucune s’ il épouse une non Kuna. Mais bon, dans 20 ans m’avait il dit, peut être que ça serait possible.

“Reviens dans 20 ans, si mon fils veut se marier avec toi, on convaincra les sages” m’avait il lancé en quittant notre voilier sur lequel il était venu vendre quelques bracelets avant qu’on quitte  une fois pour toute leur petit monde.

Cartagena en Colombie comme but, je n’ai pu m’empêcher de  continuer à regarder en arriere jusqu’à ce que la dernière ile Kuna disparaisse à l’horizon.

So long San Blas,  so long…
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Globetrotteuse et blogueuse marocaine. Je partage sur cet espace mon expérience personnelle du voyage, sa préparation, ses innombrables plaisirs, ses couacs et surtout comment il me permet d'apprendre, d'échanger et d’évoluer.

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