Le Costa Rica des Ticos

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Le Costa Rica m’a offert une expérience pour le moment très différente de celle du Nicaragua.

Autant j’ai passé des moments inoubliables avec et grâce aux voyageurs que j’ai rencontré depuit le premier jour au Nicaragua autant il y avait un arrière goût d’inachevé. J’avais envie de passer plus de temps avec des locaux mais ça s’est révélé assez difficile. Pour compenser ce manque j’avais décidé que pour le Costa Rica j’irais plus vers la rencontre des locaux que les visites touristiques du moins pour le début. C’est en général très difficile de combiner les deux vue que l’option “programmable” de rencontres (sinon ça se fait au hasard et c’est pas toujours évident de le provoquer partout) reste le couchsurfing, et qui dit couchsurfing dit plutôt grandes villes.

Mon choix était donc rapidement fait. De la Isla Ometepe je prends un bus direction Rivas, le hub des transports du sud du Nicaragua et un autre bus direct pour San José capitale du Costa Rica, mon premier véritable long trajet en bus, 8 heures. Dans la foulée je rate des endroits réputés être un passage obligé pour toute visite du Costa Rica, Montverde et Arenal pour ne citer que le must du must.

Programmer du couchsurfing voudrait dire être sûr de sa date d’arrivée et plus ou moins de l’heure.  Partir en vadrouille sans plan comme j’ai tendance à le faire ne sera pas pour cette fois.

Je débarque donc mardi soir chez Ruben, Equatorien, consultant en telecoms et expat au Costa Rica depuis un an et demi. Comme beaucoup de couchsurfers c’est sa manière à lui de continuer de parler et rêver voyager quand il est chez lui. Une manière aussi de connaître des gens de nationalités et cultures différentes et de s’ ouvrir à la diversité du monde.

Et il faut avouer que Ruben excelle dans son rôle de couchsurfer passionné. J’ai pu, grâce à lui, connaître et passer du temps non seulement avec des Ticos mais  aussi avec une  américaine et une allemande. Un joli melting pot culturel qu’on a eu du plaisir à partager ensemble à San José mais aussi lors de notre  escapade de 3 jours à Tamarindo, plage connue de la côte pacifique de la province de Guanacaste.

Le plan de Ruben et de ces amis était de profiter d’un vendredi férié, fête nationale célébrant le Guanacaste day, le jour où la province en 18 50 a décidé de faire partie du Costa Rica au lieu du Nicaragua. Asael, un des amis costaricains de Ruben était invité à participer aux célébrations en récitant quelques uns de ses poèmes.

C’était aussi l’occasion pour moi d’avoir une brève,  mais délicieuse discussion avec quelques poètes costaricains, en répondant à leurs questions sur le Maroc.

Les ticos que j’ai rencontré m’ont presque tous posé des questions sur la langue parlée au Maroc et à moi d’expliquer alors la différence entre la darija et l’arabe classique. C’était aussi amusant de voir leur petite gêne quand ils osent me poser la question: mais tu es arabe, c’est alors possible pour les femmes arabes de voyager seules?

Avec Sam une jeune américaine qui enseigne l’anglais à des enfants à San José, nous avions eu de longues discussions concernant le Maroc, la politique, la Palestine. Sam est la seule amie de Ruben qui a déjà rencontré des Marocains vu qu’elle a passé quelques jours au nord et qu’elle rêve toujours de partir y vivre.

Sam qui hésite encore entre travailler pour sa passion aux USA, aide psychologique au survivants d’escalavagisme sexuel, et payer du coup les taxes qui serviront à tuer des palestiniens innocents, ou continuer à voyager dans le monde en faisant des petits boulots mais sans avoir à tremper dans le sang. Elle m’a émue!

Quand on s’ est dit au revoir, elle a continué à crier de très loin “adiós la marroqui,  yo amo tu pais”.

Il ne faut évidement pas oublier l’autre question que tout le monde pose une fois passées les premières 15 mins de rencontre : Moroccan weed is very known, right? Et là encore  il faut expliquer que mon ce n’est pas du weed mais du hashish et que d’après les experts c’est mieux que le weed. La question suivante est : “ils pensent à le légaliser ?” 🙂

Les Rajaouis seront aussi contents de savoir que les jeunes costaricains connaissent leur club et il y en a même qui en sont fans depuis la dernière coupe du monde des clubs. Ça fait plaisir.

Pour revenir un peu sur les lieux que j’ai visité pour le moment, San Jose pour commencer est une capitale moderne, um million d’habitants, pour un pays qui en compte 4, et beaucoup de multinationales implantées ici pour couvrir l’Amérique centrale. Une capitale comme on en connaît partout dans le monde mais aussi avec cette particularité d’être pleine d’expatriés ou de retraités américains. Le payement en  dollars est accepté dans tous les commerces, comme c’est le cas pour le Nicaragua en passant, mais avec une particularité que la culture américaine imprégne assez la vie ici, du moins en surface.

Taramindo quant à elle a été pour moi une autre San Juan Del Sur mais en plus touristique et en moins authentique surtout. Une station balnéaire ou il fait bon vivre, faire du surf, manger et faire la fête. Si ce n’est que j’ai partagé ces moments avec mes nouveaux amis je ne pense pas avoir été tentée d’y aller, surtout avec la bonne semaine passée à San Juan.

J’écris ce texte du bus qui me ramène vers San José. J’ai dis au revoir à Ruben et aux autres à Tamarindo et je reprends la route dès demain matin pour une expérience qui me tient vraiment à coeur; Aller voir les tortues vertes géantes pondre leurs oeufs sur les plages de Tortugero. J’ai hâte!

Quant aux aux – revoirs, ne vous en faites pas trop pour moi, je commence à m’y habituer 🙂

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Écrit le Dimanche 27 Juillet dans le bus de Tamarindo à San José.

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