Le bel inconnu de Quito

J’étais arrivée la veille à Quito. Michelle que j’avais rencontrée il y a quelques dix mois lors de son voyage au Maroc m’attendait. Des retouvailles chaleureuses et une soirée à parler de tout et de rien, son voyage de sept mois en Asie, le mien, ses projets professionnels, mon itinéraire…

Le lendemain, Santiago, son compagnon, avait prévu un après-midi de visite touristique. On devait se retrouver tous au centre historique à 15h, et donc j’avais la matinée pour flâner.

Souvent lors de la première sortie dans une ville, je me laisse aller à l’envie de marcher sans but précis.  A Quito ce matin là j’avais fait comme à mon habitude.  Un bus pour le centre, une première rue,  à droite, ensuite à gauche et encore à droite jusqu’à voir la grande basilique au loin.

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Je poursuis le chemin remontant une colline, atteint la basilique et m’apprête à rentrer dans l’église quand je remarque un groupe montant un escalier à peine visible.

Je demande où il mène, on me répond que c’est pour la vue panoramique d’en haut de la basilique. J’achète mon ticket et remonte à mon tour les marches.

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A peine arrivée, j’aperçois le groupe qui m’avait précédé. Un couple d’un certain âge et deux jeunes hommes. Je pose les yeux sur lui.  Moment exceptionnel. Il portait un sweater couleur turquoise, une barbe de trois jours et un sourire moqueur.

Nos regards se croisent quelques secondes, le temps de voyager ensemble jusqu’au pays des comptes de fées et de faire un retour impromptu car on lui posait une question. Il se retourne vers ses compagnons et leur parle de sa maison qu’il indique au loin. Je feins de prendre des photos, bercée par sa voix langoureuse.

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Ils s’en vont. Un dernier regard et un sourire échangé. Étaient – ce bien des regrets, une envie de dire par des mots ce que mon coeur criait déjà en battant la chamade? Ou alors juste un regard d’adieu?

Je ne m’y suis pas trop attardée car je le suivais déjà en dévalant les marches.  Rien. Ils ont disparu. Il n’est déjà plus.

L’homme habillé en turquoise avait disparu, mais son sourire moqueur et son regard plein de regrets me hantaient. Ils m’ont accompagné pour une douce flânerie dans les rues de Quito. Il marchait à mes côtés avec son sourire toujours moqueur mais alors une immense tendresse dans les yeux.

J’ai visité une autre église, la compagnie des jesuites ornée d’or à outrance. Il me racontait son histoire, la fuite des jésuites de Quito et leur retour triomphant.

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Nous avons mangé  une glace sur la place du théâtre, ou plutôt un sorbet à la mangue pour lui. Il aime la mangue.

Nous nous sommes amusés à prendre des photos d’enfants jouant sur la plaza San Francisco. Il me racontait son enfance joyeuse à Quito. Nous avions ri aux larmes.

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Nous nous sommes assis pendant un long moment sur un banc de la grande place en regardant les gens passer en silence. Sa main venant caresser la mienne, douce et légère.

Michelle et Santiago sont venus nous rejoindre et nous sommes tous partis à la Mitad Del Mundo. Il nous a pris en photo,  nous faisant faire les équilibristes sur la ligne séparant le nord et le sud.

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Nous avons mangé une autre glace, encore de la manque pour lui. Il l’aime un peu acide cependant.

Le soir venu, Michelle m’annonce qu’on passera la soirée chez son ami américain qui donnait une fête à l’occasion de la visite de ses parents.

A mon regard interrogateur, il a répondu avec son sourire moqueur que oui, il viendrait, il restera pour la soirée et bien au -delà.

Nous arrivons chez Brian l’ami de Michelle, il est toujours là, à ma droite, je sens sa présence sans même avoir besoin de le regarder, sa main vient encore frôler la mienne dans ce mouvement qui lui est propre, une pression aérienne d’une insoutenable légèreté.

Dépassée la porte du salon, mon bel inconnu de Quito n’est plus à mes côtés mais en face de moi, le couple de son groupe du matin à sa droite, son ami, l’autre jeune homme se tient debout en face de Michelle et moi, Brian!

A peine ai-je le temps de retrouver mon souffle perdu dans cette folle course entre l’imaginaire et la réalité que Michelle fait déjà les présentations: Son frère, Fernando. Le bel inconnu de Quito.

PS: J’aime raconter des histoires mais celle là est bien véridique. Statistiquement,  j’ai rencontré la chance sur les 3 millions d’habitants qui habitent Quito 🙂

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