Je me suis perdue à San Juan Del Sur

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Je dois être honnête, j’ai surtout essayé.

Quand je suis arrivée à San Juan Del Sur un samedi après-midi j’avais trouvé le petit village de pêcheurs, aujourd’hui la destination favorite des surfeurs venus du pays et de bien plus loin, charmant et relaxant.

J’ai passé ma première soirée en savourant un dîner tranquil et un coucher de soleil des plus époustouflants.

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Pendant le dîner, Angel, le gérant anglais du petit restaurant rempli de jeunes étrangers,  m’approche et commence une discussion: “pourquoi tu es seule? tu devrais rapidement te faire des amis par ici, vas à la Sunday Funday party. De toute manière tout le monde y va, demain la ville sera vide”.

J’ai d’abord pensé à une fête locale, bah oui, si la ville est supposée être totalement vide pendant cette fête c’est que les locaux doivent y aller aussi.

Plus tard je Google la chose. Non ce n’est pas une sorte de célébration locale qui attire tous les habitants de la ville mais une pool party à l’américaine à laquelle quelques 300 touristes passagers ou “permanents” de San Juan se ruent tous les dimanches.

Je me suis alors dis comme à mon habitude pourquoi pas, essayons! Allons voir un peu ce que font “les habitants” de la ville les dimanches.

Et c’est là que j’ai senti ce grand malaise. Non pas que je n’aime pas faire la fête ou m’amuser, non que ce n’était pas amusant eu égard aux standards de ce genre de parties, mais que, après longue réflexion cette nuit, je me suis rendue compte que je suis  toujours dans le control, le besoin et l’envie de maitriser tous les paramètres, de ne pas me laisser aller à des envies et des amusements simples mais surtout que j’avais toujours besoin de penser à demain! Il fallait donc lâcher un peu tout ça et c’est ainsi que j’ai décidé de rester à San Juan jusqu’à ne plus sentir ce malaise du moins. Me fondre un peu dans la foule et oublier, mes repères, mes projets,  mes certitudes…m’oublier.

J’ai donc fait comme tout le monde à San Juan Del Sur; j’ai dis à mon hostel que je ne savais pas quand je partais et qu’ils ne sauront qu’un jour à l’avance au meilleur des cas, j’ai pris des leçons de surf, passé mes journées entre, à chaque fois, une des plages en dehors de la ville pour la première partie de la journée et celle du village en soirée. Vu chaque jour le coucher de soleil avec autant d’admiration que le premier jour. Me suis remplie l’estomac  de smoothies de fruits que je connais pas et de mets locaux et internationaux, passé des heures à parler de tout et de n’importe quoi avec le premier américain que je croise, le 2eme, le 3 ème,…Le nième aussi.  Bref, j’ai vécu la vie normale à San Juan dans l’insouciance et l’absence totale de plans, de projets ou d’une quelconque réalité, du moins telle que je la concevait avant…jusqu’aux 2 derniers jours.

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Gaza se fait attaquer et je ne peux plus faire comme je devrais faire et me déconnecter de l’autre réalité. Je reste scotchée à mon rocking chair ou mon hammock (un peu d’exotisme tout de même) à suivre les infos. Ça me chagrine autant que ça l’aurait fait sur mon canapé à Casablanca. Le lieu n’existe plus. Il suit un peu le cours du temps qui m’a déjà faussé compagnie depuis le premier jour de ce voyage (Je me réveille chaque jour quand bon me semble, à 5h, à 7h ou à 10h, une fois à 2h du matin, mais je ne l’ai su qu’après la douche).

Je suis de nouveau sur les rails du mouvement. La parenthèse San Juan m’avait fait beaucoup de bien. J’ai exploré ma capacité à laisser de côté  mes repères et à me fondre dans la foule insouciante.
Ça fait beaucoup de bien, moins de questionnements, mais ça m’a surtout rappelé que je n’ai nullement besoin de projets ou de “next step” pour être heureuse mais seulement que je suis ainsi, que c’est ma nature de toujours vouloir aller de l’avant, bouger, changer d’endroits, d’environnements, de projets même, et me poser des questions sur mes repères. J’ai fini par admettre que je n’ai nullement besoin de changer car  le changement est un peu ma nature profonde et que seulement en l’acceptant  que je pourrais éventuellement assumer de me parler avec un “je” et non un “tu”. En gros et pour faire simple “accepter d’être dans le mouvement”.

Ma mère aurait dis que je suis “3echa9a mellala” (j’aime mais je m’ennui) et je pense qu’elle a bien raison.

J’ai aimé me perdre à San Juan Del Sur et j’ai fini de m’en ennuyer. Je repars alors sur la route, avec Fiona cette fois, pour aller chercher de nouveaux paysages et un autre état d’esprit à Ometepe.

A très bientôt donc, de cette île qui donne des envies de lune de miel à la recherche d’une pierre d’un volcan endormi, toujours en feu.

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