Explorer l’Antarctique: Traversée du passage Drake

Les 50èmes hurlantes, voilà de quoi est fait le Drake, passage obligé pour se rendre en Antarctique depuis l’Amérique du Sud en bateau.Le Drake est cependant le plus court passage entre la peninsule Antarctique et n’importe quelle autre terre, 830 km de Cap Horn. Il relie trois océans,  l’océan Austral, le Pacifique et l’Atlantique et pour cette raison c’est une des zones maritimes les plus difficiles.Autant dire qu’il fait peur rien qu’à l’imaginer.L’antarctique est mon troisieme voyage en  mer depuis le début de mon voyage il y a 5 mois. La mer n’est définitivement pas ma tasse de thé (!). J’étais malade plus qu’un chien pendant la traversée Panama – Colombie en Catamaran et pas mal retournée pendant ma croisière de 8 jours aux Galapagos, mais ajouter à la difficulté du passage le plus fou au monde celle de ne pouvoir prendre des pastilles de  mal de mer car j’etait en diète post Ayahuasca et me voici prête pour passer 3 jours au fond d’un lit (ou d’une cuvette de toilettes).Prête psychologiquement mais aussi physiquement: rien ne doit me tomber sur la tête.

Étrangement et peut être parce que je n’avais plus d’illusions je n’étais pas aussi malade que je le craignais mais un peu malade tout de même, et je n’étais évidement pas la seule.

J’ai passé les trois jours de traversée telle un fantôme avec des apparitions éphémères dans le restaurant, parce qu’il faut manger un peu si on ne veut pas être très très malade, sinon je me serais épargnée le ridicule  de manger la tête couchée sur la table, et quelques excès de courage pour assister aux présentations très intéressantes du program éducatif concocté par l’équipe de l’expédition.

Mais c’est mon lit qui souffrait le plus dans cette histoire. Il souffrait de ma présence trop prolongée!

Nous avions eu beaucoup de chance ceci dit, pas de tempête majeure sur le passage Drake à l’aller mais des vagues habituelles  entre 7 et 10 mètres de hauteur, juste de quoi secouer un peu les chaises et quelques estomacs fragiles.

Au retour, nous avons traversé une grosse tempête mais heureusement que c’était pendant la nuit. À part le fait de ne pas fermer l’oeil de la nuit pour pouvoir s’aggripper à  son lit, ça s’ est finalement bien passé.

La vérité, au retour on était tous absorbés par les magnifiques souvenirs des jours passés en Antarctique que le mal de mer ne se faisait presque plus sentir. Il y avait également pas mal de présentations sur l’histoire des explorations en Antarctique, et des récapitulatifs de ce que nous avions vu, avec des valses surprises de baleines et de dauphins sur la route. Des shows tellement beaux que de la mer tout mal s’est évaporé pour ne laisser que la douce brise des souvenirs.

Pour ma part, j’étais à la fois heureuse de pouvoir vivre en dehors d’un lit et surtout fière d’avoir enfin vaincu mon mal de mer et sans prendre de médicaments en prime.
Sinon, oui j’ai fais les 50 hurlantes et j’ai survécu sans vomir une seule fois. Bravo à moi 🙂

 

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