Chemin de Compostelle: Récit et conseils pratiques

J’avais toujours rêvé de faire le Chemin de Compostelle. Depuis tellement longtemps que je ne peux dire, aujourd’hui, comment ce rêve avait pris naissance dans mon esprit, ni pourquoi. Je sais seulement qu’il avait été là, présent et persistant. Un rêve serein qui promettait de se réaliser au bon moment.

Et puis c’est arrivé cet été. Je n’avais rien planifié, quand j’ai du me rendre en France. De fil en aiguille, d’une ville basque française à une autre espagnole, je me suis retrouvée à Vialba.  Une ville en Galicie, étape du Chemin de Compostelle du nord.

Chemin de Compostelle, de l’acceptation sur les sentiers du Soi

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Le Chemin de Compostelle au-delà de la randonnée

Compostelle, ce sont plusieurs anciens chemins traversant toute l’Europe. Ils ont été parcourus par les pèlerins chrétiens depuis le 11ème siècle. Des chemins ayant pour destination finale la ville espagnole de Santiago et la cathédrale de St. Jacques de Compostelle. Un pèlerinage qui a continué à travers les âges, jusqu’au jour d’aujourd’hui.

Mais aujourd’hui le Chemin de Compostelle n’a plus la même connotation religieuse d’antan. Il est devenu un chemin symbole de rencontres et de cheminement spirituel.  Les croyances des uns et des autres importent, ceci dit, peu sur le chemin. Une démonstration d’humilité, de dépassement de ses propres limites et d’acceptation de l’autre et de soi-même.

Le Chemin de Compostelle c’est, d’abord, partir à la rencontre de l’autre

Sur le chemin, jeunes et vieux, femmes et hommes, des pèlerins voyageurs des quatre coins du monde, se côtoient, échangent, marchent ensembles, en groupe ou seuls, partagent des moments de joie et d’autres de fatigues et de douleur physique, mais le font dans le même esprit d’entraide et de compassion.

Il y règne une atmosphère bon enfant ponctuée de profondes réflexions. On se crie mutuellement des “buen camino” (bon chemin) à longueur de journée comme si on se le répétait incessamment à soi-même, et on n’hésitait pas à partager des confidences importantes sur sa vie sans connaitre de l’autre que son prénom, au mieux. On fait confiance aux autres, on se donne entièrement et on fini par s’alléger du poids de son propre égo. Ce que j’ai vécu sur le chemin en une semaine a été plus intense et plus riche en apprentissage sur moi-même que plusieurs années de vie sociale.

On se retrouve et on s’accepte à travers l’autre

Le chemin a quelque chose de magique, dans ce simple fait de laisser tomber les apparences, entièrement ou partiellement.

Quand on a mal aux pieds à force de marcher de longues distances, dans des sentiers de campagne, en forêt ou sur le bitume, on ne s’en cache pas. On n’a pas vraiment d’alternatives. Quelque part, on est obligé de se mettre à nu face à soi-même d’abord, en acceptant les limites de son corps et en les partageant ouvertement avec les autres.

Souvent, on finit par avouer à son compagnon du chemin qu’on a besoin de faire une longue pause car on n’en peut plus, et ce sans en avoir honte le moins du monde. Tous passent par là, même les randonneurs les plus expérimentés ou ceux qui sont sur le chemin depuis plusieurs semaines. Tous passent par une limite, qu’elle soit physique ou psychique, et tous finissent par la dépasser. L’acceptation reste le seul choix pour lequel tous optent sur le chemin.

L’acceptation, clé du chemin

J’avais croisé des gens qui faisaient le chemin pendant plusieurs semaines au moment de notre rencontre. Beaucoup d’entre eux étaient sportifs et marchaient avec un rythme soutenu plus de 30km par jour, alors que j’en faisait à peine 20 et beaucoup plus lentement. Tous réagissaient de la même manière quand j’avouais, à bout de souffle, que je ne pouvais suivre leurs rythmes, que je me devais de ralentir afin de pouvoir arriver. Tous réagissaient avec un sourire de compréhension et un “buen camino, je te vois à l’arrivée”…

C’était un peu ça le chemin de Compostelle, le fait de s’avouer faible et de s’en ouvrir aux autres sans peur de jugement, car au final les autres aussi ont leurs faiblesses et les juger c’est d’abord se juger soi-même. Faire le chemin de Compostelle est un peu comme faire ce long chemin de la vie. Il suffit parfois de s’aimer tel qu’on est, dans notre meilleur comme dans le pire, et de l’accepter sans autres formes de jugement pour comprendre que ça ne change rien au final. On continuera le chemin jusqu’au bout, bon gré mal gré.

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Se préparer mentalement au Chemin de Compostelle

Beaucoup de personnes aujourd’hui entament le Chemin de Compostelle comme une activité physique et un challenge sportive. Ils sont ceci dit rapidement acculés à reconsidérer l’approche. Les longues journées de marches et les moments de solitude, ainsi que les rencontres, finissent par changer sa perception du chemin. On fini un peu, malgré soi, à faire face à soi-même sur un niveau plus mental et spirituel que physique.

Il est donc important de se préparer un minimum mentalement à ce cheminement. Se préparer surtout à ne pas être totalement dérouté par les errances inévitables de son esprit. Ce qu’il faut c’est une préparation à un voyage à l’intérieur. Emettre l’intention de s’écouter et de s’accepter. Etre prêt à faire face aux pensées profondes qui viendraient faire surface. Se préparer tout simplement à l’éventualité de La Présence.

J’en parle un peu plus en détails dans cet article sur comment préparer son voyage à un niveau mental et spirituel. Je vous encourage vivement à le lire et à me contacter si vous avez besoin d’en parler.

Infos pratiques pour organiser son Chemin de Compostelle

 

Choisir son Chemin de Compostelle

Le Camino Francès (chemin français), Camino del Norte (chemin du nord), La via de la plata (Route de l’argent), le Camino Inglès (chemin anglaisà, ou encore le Camino Portugués (chemin portugais), sont tous des chemins de Compostelle. Les plus connus du moins, car il y en a d’autres. Ils commencent à différents endroits européens mais finissent à Saint Jaques de Compostelle. A savoir que traditionnellement, on commence le chemin de chez soi.  On le fait alors, aux fils des années, en  progressant étape par étape. Aujourd’hui les différents chemins ont plus ou moins des points de départs plus connus. On peut, ceci dit, le commencer n’importe ou sur un des différents tracés marqués.

J’ai personnellement fait le choix du chemin du nord, parce que c’était l’été et que j’étais déjà en France. Le chemin français, le plus populaire, est très encombré à cette période. La Via de la Plata, traversant le sud de l’Espagne, trop chaude, et j’étais à l’opposée du chemin portugais. Le chemin du nord, beaucoup moins fréquenté que les autres, était finalement idéal pour moi. Même si ces dénivelés étaient assez conséquents, mon critère de choix était clair. Chacun a le sien de critère.

Je conseille donc de choisir le chemin en fonction de ce qui vous mettrait le plus à l’aise possible physiquement. Cela vous permettra un cheminement plus rapide aux niveaux mental et spirituel.

Logement et restauration:

Les auberges publiques destinées au pèlerins sont disponibles à chaque étape (une 20 de km). Leurs prix sont modiques (entre 6 et 10 euros), car justement c’est un chemin de partage et d’humilité.

En général on trouve facilement de la place dans ces auberges. Sauf sur le chemin français (le plus beau et le plus fréquenté!). Dans le cas d’une affluence majeure sur un chemin, il faut prévoir de commencer ses journées très tôt. C’est important pour pouvoir trouver une place dans une auberge publique.

Sinon, les auberges privées foisonnent également. Elles ne sont pas excessivement chères non plus.

Pour accéder aux auberges publiques, il faut se munir de son passeport de pèlerin, ses accréditation. Un document qu’il est possible d’obtenir dans les bureaux d’informations ou dans les églises sur les étapes du chemin. On le tamponne alors en arrivant à chaque étape, jusqu’à la cathédrale de st. Jaques.

Pour manger, beaucoup de restaurants sont disponibles sur le chemin, mais prévoyez aussi des snacks et surtout de l’eau.

Organiser son sac à dos pour le Chemin de Compostelle

Il faut le prévoir le plus léger possible. idéalement ne dépassant pas 12% de son propre poids.

Voici une liste, à titre d’exemple, de ce qu’on devrait prendre sur le chemin (avec des modifications selon les saisons):

– Vêtements: 2 shorts, 1 pantalon long, 3 t-shirts, Une polaire (pour les matins froids), des sous-vêtement, pyjama. Il faut s’habiller en couches pour pouvoir les enlever au fur et à mesure qu’on marche.

  • Aux pieds: Des sandales. 3 paires de chaussettes de marche. Des chaussures de marche avec lesquelles vous aurez déjà fait des randonnées plusieurs fois. Il faut absolument éviter les chaussures neuves (on ne le répétera jamais assez) et les chaussettes normales en coton.
  • Toilette et soins: Serviette, trousse de toilettes (minimale!), et la trousse à pharmacie spéciale pieds surtout. Ne pas oublier de la crème solaire.

– Autres: Gourde, lampe, appareil photo, duvet (ou sac à viande en été). Et de l’argent (prévoir un peu d’espèce sur soi car on peut traverser plusieurs étapes sans CB)

Buen Camino!

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1 Comment

  • Bonjour Houda,
    C’est beau de voir tous ce que tu as fait comme expérience lors de tes voyages, je reste admirative façe à tes exploits, Bravo 🙂
    Peux-tu me dire stp combien de temps t’as pris le chemin de Compostelle ? et combien de temps prennent les autres chemins si tu as une idée ?
    Merci d’avance.

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