Caño Cristales, une histoire d’amour

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Caño Cristales fût un grand saut dans l’inconnu, hors de ma zone de confort, aux dérives d’un monde nouveau et mystérieux.

J’avoue que partir seule dans un endroit en dehors des sentiers battus, encore réputé dangereux du fait que la présence de l’armée est la seule garantie de sécurité dans cette zone de la Colombie fermée à toute présence d’étrangers il y a juste 5 ans ans et  où les narcotrafiquants sévissent encore, me faisait un peu peur. Une peur imprégnée d’excitation, de l’attente de voir, sentir et vivre ce que me réserve l’inconnu que je désirais ardemment malgré mes appréhensions, car j’étais partie sans aucun plan si ce n’est mon billet d’avion, ne sachant même pas où passer ma première nuit.

L’appel de La Macarena, le village qui donne accès à la rivière aux cinq couleurs, était plus fort que tout. C’est d’ailleurs en mettant pieds à terre sur la piste d’atterrissage du village, que je me suis rappelée la coïncidence qui a fait qu’il y a moins de trois mois je tombais par pur hasard sur une procession de la Macarena à Séville.

Au delà de la nature époustouflante de cano cristales il y a la bonté et la générosité des gens de la Macarena. Les plus chaleureux que j’ai rencontré.

Je pense à  la famille de Doris, son époux Fernando,  ses adorables enfants, Diego, Alejandra et le petit Santiago, chez qui j’ai passé mes 5 nuits au village.

Déjà deux heures après mon arrivée j’étais derrière Diego à faire du motocross dans la savana colombienne. Diego n’a pas ménagé mes peurs et c’est avec un plaisir croissant que j’ai fini par lui demander de rouler plus vite.

Cano Cristales 5

Le dernier jour c’était Santiago qui voulait me faire faire le tour du pueblo avec son quatre roues, son moyen de transport pour aller à l’école, mais le père, Fernando, a fini par établir sa loi et me kidnapper pour un dernier coucher de soleil du Mirador, avec vue imprenable sur toute la région.

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J’étais en famille.

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Je pense aussi à mon guide Andres avec qui j’ai sillonné pendant trois jours les rivières, cascades et sentiers de Caño Cristales en prenant des photos, en jouant comme des enfants dans l’eau, en faisant chacun à son tour le professeur de langues,  lui m’apprenant l’espagnol, moi l’arabe….

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Au moment des aux- revoirs on a fait la cérémonie d’échange de souvenirs avec presque les larmes aux yeux, il a eu un bracelet marocain, ce pays qu’il est prêt à visiter, car après moults efforts il arrive enfin à prononcer “j’aime le maroc” en arabe, et j’ai eu une chaîne de laquelle pendait une libellule.

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Je pense à Antonio, appelé ultérieurement Tonio, puis Tonito, ami et collègue de Andres que tout le monde aimait charrier.

A Lusavia  qui faisait la loi et reprimandait ceux qui se baignaient là où il ne fallait pas, et qui était fière d’être parmi la 10aine de filles guides.

A tous les autres guides de Caño Cristales qui vouent un respect presque religieux pour la Macarenia Clavijera, la plante qui donne ses couleurs à la rivière.

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A cette famille colombienne avec qui j’ai passé la première journée d’excursion et qui était menée par la abuela elle même.

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Je pense à tous les gens que j’ai croisé, avec qui j’ai échangé quelques mots ou pris un tinto, le shot de café que les colombiens boivent à longueur de journée, et surtout aux enfants de la Macarena  avec qui j’ai joué dans le parc, au balon et au photographe.

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Je pense à la beauté saisissante de ce coin lointain, à la divine splendeur qu’offre la rivière aux cinq couleurs, à ces souvenirs et ces images merveilleuses qui resteront à tout jamais gravées dans ma mémoire…

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Le matin du départ,  en prenant mon petit déjeuner avec Natalia et Juan, un couple d’argentins, Arquemides leur guide est venu nous rejoindre. Un moment émouvant pendant lequel il nous racontait comment les gens de La Macarena, comme lui d’ailleurs, ont perdu beaucoup de membres de leurs familles à cause de la guérilla. Ils nous a demandé de passer le message: Il faut venir à La Macarena car elle se tourne vers le future et grâce à sa plante unique dans le monde, à la beauté de ses paysages et aux couleurs de sa rivière, y a espoir d’avenir pour ses enfants.

J’ai promis à mes amis de revenir, et j’ai même accepté leur ultimatum: soit je reviens avec l’esposo qu’ils n’ont cessé de réclamer (j’ai pu tout de même négocier, très difficilement, un novio serioso) , soit ils m’en trouvent un du village et me gardent pour toujours.

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